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Au printemps, quelques espèces d’arbres présentent une caractéristique intéressante pour la fabrication de petits instruments : l’écorce des rameaux de l’année peut assez facilement se détacher du bois. On peut donc disposer d’un tube creux (l’écorce elle-même) et un « bouchon » de taille exactement adaptée au tube, comme au niveau du bec d’une flûte.

 Les espèces qui se prêtent à cet exercice sont : le frêne, le châtaignier, le noisetier, le saule.

 Commencez donc par choisir un entre-nœud d’environ 8 cm de long et 1 cm de diamètre. Séparez l’écorce et le bois selon la méthode décrite en bas de cette page.

Taille du bec.   Ôtez le bois de l’écorce. À une extrémité de l’écorce taillez un bec. Pour cela : A 1 cm d’une de l’extrémité du tube, donner un coup de couteau en diagonale et un autre vertical pour créer une petite encoche.

Dans le morceau de bois que vous avez sorti de l’écorce, taillez un segment de 1 cm, qui viendra s’emboiter dans le tube jusqu’au ras de l’encoche. Ôtez une fine épaisseur de bois (1 à 2 mm) à votre bouchon sur toute sa longueur. Remettez-le en place. Il ménagera un fin passage entre le bois et l’écorce, pour permettre à l’air de passer et de venir buter contre le plan incliné.

A l’autre bout du tube, réintroduisez le reste du rameau de bois. Il va faire office de coulisse pour changer la note.

Ce type de sifflet peut sonner très bien. Il ne pourra malheureusement pas résister longtemps au dessèchement (1 journée maximum).

Utilisation

Posez l’extrémité de votre sifflet entre vos deux lèvres et soufflez. Attention, vous ne devez pas boucher l’ouverture sinon cela ne fonctionnera pas. Si le son est faible ou qu’il ne sort pas, vous pouvez tenter plusieurs choses :

  • boucher l’extrémité du tube avec un doigt, ça marche quasiment à tous les coups
  • Tester différentes positions du bouchon, plus en avant, plus en arrière, mieux aligné avec l’ouverture…
  • Souffler plus fort, moins fort
  • bouchez-déboucher l’extrémité du tube
  • faites rouler la langue dans votre bouche (comme pour prononcer le « r » espagnol), vous aurez un sifflet à roulette
  • si vous avez fabriqué un piston (voir ci-dessous) faites le bouger en soufflant, en tiré, en poussé, ou en alternance…

 Choisir des jeunes rameaux (très droits généralement). Y découper la section dont vous voulez extraire l’écorce. Elle ne doit pas présenter de nœuds ni de défauts dans l’écorce, et doit être la plus rectiligne possible. Les longueurs « utiles » sont plus importantes sur le frêne (jusqu’à 20 centimètres) que sur le châtaignier (jusqu’à 10 centimètres). Sachez que plus la longueur est grande, plus difficile sera la tâche du « décollage ». Jusqu’à une dizaine de centimètres, cela reste assez facile si la saison est la bonne.

Si l’écorce vous semble un peu sèche, et que vous avez une rivière ou de l’eau à proximité, vous pouvez commencer par faire tremper le tout quelques minutes.

Pour décoller l’écorce : tapotez la pendant quelques minutes, en tous ses points, avec un objet non contondant, par exemple le manche de votre couteau, ou un caillou plat. Vous pouvez aussi la faire rouler entre votre cuisse et un objet plat.

Enlever 1 cm d’écorce à une des extrémités pour faire apparaître le bois nu. Saisir cette extrémité dénudée entre les dents, saisir fermement l’autre côté du rameau dans la main droite, de la main gauche entourer l’écorce de la zone à décoller et tourner très fort et très délicatement à la fois (!) jusqu’à ce qu’elle se détache d’un claquement sec. Le tour est joué ! Avec les enfants, je m’amuse à leur demander de faire silence pour entendre ce bruit, et je leur fais croire que je me suis cassé une dent. C’est malin, tiens !