François et Liliane CHAZEL

 

 

François Emile CHAZEL (1914-1966), pasteur responsable des paroisses de Vébron  et de Rousses, et son épouse Liliane Geneviève Yvonne (1912-2005) infirmière, tous deux membres de la CIMADE, organisation de secours aux réfugiés, ont apporté assistance à des dizaines de juifs, au cours de la seconde guerre mondiale. Le 22/12/1983, l’institut Yad Vashem de Jérusalem, leur a décerné le titre de Justes parmi les Nations [1]

François Emile CHAZEL (1914-1966), pasteur responsable des paroisses de Vébron  et de Rousses, et son épouse Liliane Geneviève Yvonne (1912-2005) infirmière, tous deux membres de la CIMADE, organisation de secours aux réfugiés, ont apporté assistance à des dizaines de juifs, au cours de la seconde guerre mondiale. Le 22/12/1983, l’institut Yad Vashem de Jérusalem, leur a décerné le titre de Justes parmi les Nations [1]

Né à Tananarive le 14/6/1914, le pasteur François CHAZEL a exercé son ministère  à Vébron-Rousses entre 1940 et 1944, à Mascara en Algérie, autour de 1952, puis à Orléans et St Dizier. Son père, André CHAZEL (1872-1938), professeur de formation (histoire/géographie ou lettres ?), était missionnaire à Madagascar. Il a contribué à fonder, et a dirigé pendant plusieurs années, l’école Paul Minault.

« François CHAZEL fut la tête pensante et la conscience du sanctuaire des juifs à Vébron et à Rousses. Le premier, il se préoccupa de leur trouver des emplois chez ses paroissiens et de procurer des fonds aux nécessiteux. A lui revenaient les grandes responsabilités : disperser les groupes trop voyants ou déclencher l’alerte en cas de danger. C’est également lui qui, prévenu par les messages, le plus souvent codés, de ses collègues pasteurs, accueillait et réconfortait les juifs qui arrivaient souvent à bout de forces et de nerfs, au terme de périples épuisants et dangereux. Le pasteur CHAZEL se méfiait de la poste et préférait se déplacer lui-même plutôt que de risquer l’ouverture de sa correspondance. Ainsi, lorsqu’il voulait toucher la CIMADE, il se rendait à Nîmes. Un jour, une réfugiée lui confia des valeurs étrangères et des bijoux à négocier : il se rendit alors à Paris.

 Comme il aida les juifs, le pasteur CHAZEL aida aussi le maquis, lorsqu’un groupe [maquis la Soureilhade] attaqué dans le Gard se réfugia en Lozère. Mais il précisa bien ses conditions aux responsables : les maquisards devaient être discrets pour éviter d’attirer l’attention sur le sanctuaire.

 Plus tard, à la Libération, lorsque des maquis rivaux se disputèrent la jeunesse de Vébron, il prononça une sorte de jugement de Salomon : les uns d’un côté, les autres de l’autre, en évitant que des membres d’une même famille se trouvent ensemble en cas de catastrophe.

 Très respectueux des convictions de ceux qu’il aidait sans arrière-pensée, jamais François CHAZEL ne fit du prosélytisme auprès des juifs. En outre, ses principes ne lui auraient pas permis d’accorder par complaisance un certificat de baptême. » [2].

 « La moyenne des gens de Vébron et de Rousses n’étaient sans doute pas plus courageux qu’ailleurs. La peur des représailles de Vichy et de la Gestapo n’y était pas moins vive. Cependant personne n’a flanché, autrement dit, personne n’a trahi ces « réfugiés » compromettants qui se mêlèrent pendant deux ans et parfois davantage, à la vie des villageois » [3].

 Sources :

[1] Le Comité Français pour Yad Vashem   ( Consulter )

[2] « Cévennes, terre de refuge 1940-1944 » Philippe JOUTARD & al. Nouvelles Presses du Languedoc juil. 2012 p.288.

[3] Idem p 285.

Jean Paul Eymery

le 02 décembre 2020                                                                                                                                    

Paul Arnal

Un pasteur célèbre de Rousses

Paul ARNAL (1871/1950) est surtout connu pour avoir fondé le Club Cévenol le 18/9/1894 à Florac, avec d’autres jeunes émules du spéléologue Edouard-Alfred MARTEL [1].

Le 25 juillet 1896, il soutient une thèse devant la Faculté de Théologie Protestante de Paris, et le 26 août, il est consacré dans le ministère pastoral au temple de Vébron. Après une première période d’initiation à Cassagnas, au cours d’un remplacement, Paul ARNAL fut pasteur à Vébron, de 1896 à 1910. Il était un des deux pasteurs de la paroisse, aux côtés de Paul VINCENT, et plus spécialement chargé au début de Rousses. A la mort de Paul VINCENT, en 1906, il devint l’unique pasteur de Vébron-Rousses.

Emmanuel de LAS CASES (1854/1934), avocat catholique et homme politique, élu sénateur en 1903, au cours d’un voyage dans les Cévennes, note le 1er octobre 1904 à Vébron, dans son journal : « les pasteurs sont des jeunes gens avec des allures d’instituteurs. Quelques-uns, comme Monsieur ARNAL de Vébron, sont actifs, intelligents, ouverts, s’intéressant au développement économique du pays, essayant d’y propager un peu d’industrie, ne serait-ce que, grâce au Club Cévenol, l’industrie du tourisme » [2].

P.P. EYMERY (11/11/2019)

Sources :
[1] : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Arnal].
[2] : Revue Causses et Cévennes : « Notre Fondateur, Paul ARNAL » par Olivier POUJOL – 1994-01 – p.403/413

Description fontaine du village

La source de la fontaine du Village est située entre deux bras du Valat [*] de Dondigné, qui collectent les eaux de pluie tombant  sur les versants à forte déclivité dominant le sud de Rousses, avant de rejoindre le Tarnon. Ces ruisseaux, de nature torrentueuse, ne sont actifs qu’occasionnellement, après de fortes pluies. Le reste du temps ils sont à sec avec quelques retenues d’eau plus ou moins importantes, de-ci de-là. Ils sont donc peu adaptés pour répondre aux besoins quotidiens en eau de la population. C’est la raison pour laquelle des réservoirs avaient été construits pour conserver l’eau destinée à l’arrosage des jardins en terrasses proches, et pour faire boire le bétail. Diverses sources et mines d’eau complétaient ce dispositif. Lire la suite

Souvenir de Felix

Midi libre Lozère – Article publié le 20/04/2019    Souvenir : Félix Andiaréna, après avoir vécu la Retirada, avait été adopté par le village

En ce début d’année 2019, on célèbre un peu partout la Retirada, ce grand mouvement d’exode au cours duquel, voici quatre-vingts ans, près de 500 000 Espagnols ont traversé les Pyrénées vers la France pour fuir leur pays désormais sous le joug de Franco et des fascistes qui le soutenaient. En ce froid hiver 1939, ces pauvres familles ont connu la misère, le froid, le dénuement, la séparation (voir l’exposition aux Archives départementales de la Lozère).Force de la nature   À Rousses, les habitants ont bien connu l’un des participants à cet exil forcé, devenu évident pour de nombreux Républicains espagnols. Né à Pampelonne le 11 juillet 1912, Félix Andiaréna (bien peu de gens ont connu son nom de famille…) a fui son pays et s’est retrouvé à Bordeaux. Il a notamment travaillé dans une entreprise de maçonnerie, dans des conditions de travail très dures. Ensuite, il a été embauché dans une entreprise forestière.

Vers 1950, l’un des responsables de cette entreprise a ouvert un chantier à Rousses, et plusieurs ouvriers, dont certains en famille, se sont installés ici. Il s’agissait d’exploiter du hêtre dans le bois des Ablatas. Le bois, destiné à fabriquer des traverses de chemin de fer, était acheminé par un câble jusqu’au village. Beaucoup se souviennent encore du portique construit au-dessus de la route pour éviter tout accident au passage des ballots de bois. Ceux-ci étaient ensuite sciés par une scie à ruban mue par une locomotive à vapeur. Le matériau, chargé sur des camions, était alors acheminé vers la gare de Florac.

Félix faisait partie du personnel de l’entreprise : il abattait les arbres tout au long de la journée. C’était une force de la nature, un travailleur infatigable. Après l’arrêt de cette exploitation, en 1954-1955, Félix est resté à Rousses, au hameau des Ablatats, et il a travaillé à la journée, chez des agriculteurs notamment. Vingt ans plus tard, il s’est installé à Rousses, à l’emplacement du restaurant actuel, où il s’est occupé d’une personne âgée jusqu’à son décès.

Les enfants de l’école se souviennent de lui, car il leur achetait des bonbons. Félix aimait bavarder ou partager un coup à boire avec tous ceux qui passaient par là, mais il avait une langue bien à lui, mêlant français, espagnol et un zeste d’occitan, ce qui déstabilisait parfois ceux qui ne le connaissaient pas bien. Il gardait le lien avec sa famille, restée en Espagne, qui venait parfois le voir, mais quant à lui, même après la disparition de Franco, il n’a jamais voulu retourner dans son pays, doutant de son évolution. Mais il parlait peu de son parcours.

Il avait été adopté par le village qui connaissait ses grands éclats de rire comme ses sautes d’humeur et ses coups de gueule. Frappé par la maladie, il s’est éteint après quelques jours d’hospitalisation, en 1996. Mais tous ceux qui l’ont connu gardent avec affection son souvenir. « Pop, pop, pop ! »